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Et oui en cette période d'examens comment ne pas penser à ce grand homme.

Joyeux anniversaire Monsieur Sartre!

| 6 Commentaires

Y a-t-il une vie en dehors de Jean-Paul Sartre ? Le cinquantième anniversaire de la première publication des Mots n’a échappé à personne. Surtout pas à l'Ecole Normale Supérieure, qui a fêté récemment le « penseur global ».  Ces concerts d’éloges ont recouvert d’un bruit assourdissant les voix discordantes. Dans les années 50 notamment, Sartre inspira les plus brillants polémistes. Les meilleurs bretteurs exerçaient leur talent dans l’hebdomadaire Arts, qui, à Paris, vendait plus d’exemplaires que L’Express. Arts était dirigé par l’écrivain Jacques Laurent. Cette fine lame maurassienne et stendhalienne avait connu un succès considérable sous le pseudonyme de Cecil Saint-Laurent, avec un roman historique libertin, Caroline chérie (1). Avec ses droits d’auteurs, Laurent avait racheté Arts. Il en fit une feuille d’humeur et de parti pris. Nulle ligne éditoriale. Mais un rejet du "ronronnement, de l’austérité et de la fausse objectivité" (2). L’un des romans de Laurent lui-même fut éreinté à la une du journal par Roger Nimier. Outre ceux que Bernard Frank surnomma de « Hussards » dans la revue concurrente des Temps modernes, cette revue fut le terrain de jeux de personnalités aussi variées que Jean-Luc Godard, Louis Malle, Eric Rohmer, François Truffaut, Jean Giono (qui suivit le procès Dominici), Ionesco, Régis Debray, Philippe Labro, Jean-René Huguenin, Philippe Sollers, Jean-Loup Dabadie, Jean d’Ormesson, Roger Vailland, Michel Polac et Bernard Frank lui-même. Ce qui prouve que le sectarisme n’était pas le genre de la maison. Les éditoriaux et les articles de Jacques Laurent sont réunies dans une savoureuse anthologie, L'esprit des lettres (Editions de Fallois). Lors de la rupture Sartre-Camus, Laurent prend parti… contre les deux. Il compare Sartre à… Paul Bourget, un écrivain démodé qui passait pour le héros poussiéreux d’une droite désuète au traditionalisme conformiste. L’écrivain d’avant-garde vaporisé à la naphtaline ? Un vrai crime de lèse-majesté. Laurent reproche au romancier Sartre de faire une littérature de professeur, démonstrative et sans grâce. Laurent n’a guère plus d’indulgence pour Simone de Beauvoir. Lors de sa parution, il passe au lance-flammes son roman Les mandarins. « Le goût du lieu commun est si vif chez Mme de Beauvoir qu’elle se croit romancière parce qu’elle ne saute aucune évidence ». Il revient à la charge après l’attribution du Goncourt à la romancière : « C’est donc entendu, pour beaucoup de nos écrivains le parti est pris de s’exprimer à coups d’impropriétés enchâssées dans une syntaxe obscure. Les Goncourt aiment ça. C’est pour cela qu’ils ont donné leur prix à Mme de Beauvoir. Nous appellerons beauvoirisme la méthode littéraire qui consiste, lorsque le héros trouve laide la chambre qu’on lui propose, à écrire que du point de vue de l’esthétique il ne la trouvait vachement pas valable, la carrée. Les critiques trouvent ce style dense, authentique et hautain ». Si c'est à la qualité de ses adversaires que l'on reconnait l'importance d'un intellectuel, alors Sartre n'a pas totalement usurpé son titre de "penseur global". Même si globalement il s'est trompé sur tout. 

(1) Réédité aux éditions de L'Archipel avec une préface d'Arnaud Le Guern

(2) Lire à ce propos l'excellent livre d'Henri Blondet chez Tallandier, Arts la culture de la provocation (2009)

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